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Mardi 30 janvier 2007
Pour préparer quelque séance de troisième, j'ai regardé à nouveau MOULIN ROUGE. Je l'avoue, je n'avais pas trop aimé ce film à sa sortie, je le trouvais trop bizarre, décalé, souvent étonnant. J'avais beaucoup de mal avec son univers si particulier et très coloré. Et puis, je l'ai vu et revu (merci Seb de me l'avoir passé !). Je m'y suis fait. Et finalement, je trouve ce film très bien construit, pensé, réalisé. Très intéressant. J'aime beaucoup son ambiance colorée et enchanteresse.



A la fin du XIXe siècle, dans le Paris de la Belle Epoque, Christian, un jeune poète désargenté, s'installe dans le quartier de Montmartre. Il découvre un univers où se mêlent sexe, drogue et french cancan, mais se rebelle contre ce milieu décadent en menant une vie de bohème. Christian rêve d'écrire une grande pièce, et le peintre Henri de Toulouse-Lautrec est prêt à lui donner sa chance. Celui-ci a besoin d'un spectacle grandiose pour le Moulin Rouge et le poète est embauché pour rédiger le livret de la revue. C'est là qu'il tombe amoureux de la courtisane Satine, la star du prodigieux cabaret.

Moulin Rouge est une histoire d'amour impossible sur fond de comédie musicale. Nicole Kidman et Ewan McGregor sont remarquables et poussent eux-même la chansonnette, ce qui est rare et qui mérite donc d'être signalé. La réalisation est très soignée. Les couleurs y tiennent une place importante. Celles-ci, très vives, foisonnent dés le début du film. Elles sont notamment très présentes dans le Moulin Rouge, accentuant le côté spectacle du lieu. Les mouvements de caméra sont nerveux et vifs, les angles de vue vertigineux. La caméra ne laisse jamais le temps au spectateur de reprendre son souffle. Tout est très rythmé, les prises de vue, le montage. Les costumes mélangent le rétro aux couleurs vives. Comme les décors qui sont également très soignés, surtout celui de la chambre de Satine. La caméra joue sans cesse sur ces décors. Ce qui crée un décalage surprenant mais très réussi. Les morceaux composant la bande son sont tous des tubes de la variété internationale, ce qui peut surprendre voire dérouter (ce fut mon cas) au début. Ainsi, peut-on entendre la célèbre version de Lady Marmalade façon Missy Elliott, du Elton John et du Sting ou un Like a virgin plus moderne que jamais (sans doute le morceau le plus hilarant du film). Comme dans toute comédie musicale, tous les moments forts en émotions sont chantés.

Moulin Rouge est une histoire d'amour impossible, donc, mais le déroulement n'est pas triste du tout. Loin de là. Tout est plein d'humour et de vie. Comme la réalisation, tout dans cette histoire est très coloré.
publié dans : films
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Mardi 30 janvier 2007
Mon disque du jour est placé sous le signe de la virtuosité pianistique. Quelle donne à entendre des choses techniquement très difficiles ou des pages d'une rare émotion. Dans le disque quelle a consacré en 1967 avec Claudio Abbado au CONCERTO POUR PIANO N° 3 de Prokofiev et au CONCERTO EN SOL de Ravel, Martha Argerich fait siennes ces oeuvres très ardues et en tire le meilleur. Tout ce qu'il faut est là : nervosité, bouillonnement et tournoiement du jeu pianistique, dynamisme, impulsivité rythmique, articulation extrême, vitalité, mais aussi, quand cela s'avère nécessaire, souplesse, profonde musicalité, grande émotion, frissons, fragilité ou vulnérabilité.



Un choix pas très original de ma part quand on sait que ce disque fait référence. Mais... Un bien bel enregistrement,
de biens grands interprètes pour de bien belles pages.

Le tout est complété par le magnifique et aussi très virtuose Gaspard de la Nuit de Ravel, pour piano seul.
publié dans : musique
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Dimanche 28 janvier 2007
Merci à DM pour la superbe découverte que constituent les DANSES POUR 7 INSTRUMENTS A VENT de Vincent d'Indy. On les trouve dans un très bel enregistrement, à la remarquable prise de son, consacré aux sonates pour vents de Saint-Saëns avec Annie d'Arco au piano. Complétées par ces danses et la Petite Symphonie pour 9 instruments à vent de Charles Gounod, par l'octuor Maurice Bourgue.



Créées en 1899, ces danses pour vents témoignent d'un écriture et d'une instrumentation d'une extrême subtilité, grâce à de multiples combinaisons de timbres. Ici parfaitement bien rendues par les musiciens et le travail du preneur de son. Cette savoureuse partition de Vincent d'Indy alterne passages d'une grande virtuosité et mélopée simples et fraîches. Une bien belle découverte !


Vincent d'Indy - Danses pour 7 instruments à vent (extrait)
Octuor Maurice Bourgue (Calliope)
publié dans : musique
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Samedi 27 janvier 2007
Côté boulot, je serai finalement toujours dans le même bahut... Ma candidature pour l'Université de Grenoble n'a pas été retenue. Tant pis, c'est comme ça, ce sera pour une autre fois.
publié dans : boulot
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Vendredi 26 janvier 2007
Le projet se précise. Divers partenariats sont en cours... Il y a donc de fortes chances pour qu'on programme ça à l'ORD la saison prochaine.

publié dans : musique
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Mercredi 24 janvier 2007
Après des concertos, des symphonies et de la musique de chambre, le choix fait pour l'opus 4 de notre aventure mozartienne, qui relève quasiment du pur hasard, nous a donné l'opportunité de nouvelles découvertes. Dans le domaine de la musique sacrée cette fois ci. En effet, le CD 2 du volume 7 donne a entendre les Litaniae de venerabili altaris sacramento en mi bémol majeur KV 243 et les Litaniae Lauretanae en si bémol majeur KV 109. Composées à la demande du Prince archevêque Colloredo, elles datent respectivement de 1776 et 1771.


J'avoue que j'ai été assez surpris à la toute première écoute, certes un peu de loin. Musique religieuse ou opéra ? Tout est très démonstratif, les passages soli notamment. Surpris et étonné. Puis, j'ai écouté et réécouté. Je suis petit à petit rentré dans cet univers lyrico-religieux. Et, finalement, je trouve ces partitions plutôt belles, en particulier les choeurs du KV 243.

J'ai toutefois quelques regrets. Tout d'abord, je trouve que l'ensemble manque de contrastes. Perception confirmée à la lecture des partitions. Tout est beau, mais trop lisse. L'écriture est théâtrale, opératique, autant aller au bout. Et jouer franchement ce que Mozart a écrit et demande donc. Ensuite, je trouve l'orchestre souvent "grossier", manquant de finesse, trop droit. Sans parler de la justesse parfois frémissante (plus encore dans le KV 109 que le KV 243) et des solistes qui ne m'ont absolument pas plu, sans que je ne puisse vraiment dire pourquoi... Un manque de souci du détail, de finesse, de subtilité nécessaire compte tenu de l'écriture parfois très contrapuntique. Par contre, j'ai plutôt bien aimé le choeur.

Entre les deux, ma préférence va aux litanies pour le Saint-Sacrement, le KV 243. Peut-être car elle est plus développée et fait appel à une instrumentation plus riche et fournie. L'écriture me semble aussi plus travaillée et plus riche.

Il serait bon maintenant, pour appréhender encore mieux ces pages qui me semblent très belles, de pouvoir les écouter dans une version plus réussie, plus homogène, plus juste, plus "travaillée" musicalement, plus subtile, plus aboutie.

Wolfgang Amadeus Mozart - Litaniae KV 109-243
Annemarie Kremer, soprano
Chamber Choir of Europe
Teatro Armonico Suttgart
Kurpfälzisches Kammerorchester Mannheim
Nicol Matt, direction
[ Brillant Classics ] Volume 7 CD 2

La copie de DM est !
publié dans : musique
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Mercredi 24 janvier 2007
Je me suis souvent demandé à quoi ressemblait réellement Mozart. Non pas que la question soit existencielle. Mais bon... En effet, difficile de se fier aux nombreux portraits qui ont été faits de lui. Il y apparaît toujours très différent. Vous n'avez jamais remarqué ? Encore un mystère Mozart...

publié dans : en vrac
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Mardi 23 janvier 2007
Qu'écouter pour être de bonne humeur et en pleine forme ? Certes, bon nombre d'oeuvres peuvent faire l'affaire. Mon disque du jour entre autres : les OUVERTURES de Franz von Suppé par les Wiener Philharmoniker et Zubin Mehta. Quelle pêche ! Un enregistrement très dynamique, haut en couleurs, une superbe interprétation.



On y trouve les ouvertures de Poète et paysan, Le supplice de Tantale, Les Joyeux Voleurs, La Belle Galatée, Dame de Pique, Cavalerie légère, Allégresse viennoise et Un matin, un midi, un soir à Vienne.
publié dans : musique
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Dimanche 21 janvier 2007
Programme musical à venir oblige, je me suis replongé ces derniers jours dans l'univers symboliste du PELLEAS ET MELISANDE de Maurice Maeterlinck. Claude Debussy a utilisé le texte de cette très célèbre pièce de théâtre éponyme de son opéra pour le livret. Drame qui a également inspiré d'autres compositeurs, comme Arnold Schoenberg, Jean Sibelius et Gabriel Fauré (comme le savent les fidèles lecteurs de ce carnet).

Maurice Polydore Marie Bernard Maeterlinck est un écrivain belge, francophone de Flandre. Il est né à Gand le 29 août 1862 et mort à Nice le 5 mai 1949. Poète, dramaturge et philosophe, il reçoit en 1911 le prix Nobel de littérature.



Pelléas, c'est l'histoire d'une passion amoureuse, comme celle de Roméo et Juliette, de Tristan et Isolde, de Lancelot et Guenièvre, de Hélène et Pâris, etc. Le Prince Golaud, fils du vieux monarque Arkel, rencontre Mélisande, une jeune femme égarée dans la forêt. Elle pleure au bord d'une fontaine. Il la console, l'épouse et la ramène chez les siens, au royaume d'Allemonde. Mélisande, aux longs cheveux et au regard triste, suscite le trouble chez Pelléas, le demi-frère de Golaud. Les deux jeunes gens s'aiment à demi-mots, meurent à mi-voix.

Si l'histoire ne semble guère originale, c'est que l'intérêt en est peut-être ailleurs.  Ici, rien n'est dit, tout est suggéré. A demi-mots, à mi-voix. Car le silence et les non-dits sont les maîtres mots de cette sombre et triste aventure aux courtes scènes. Maeterlinck, par son écriture, tente de nous faire voir ou entendre ce qui ne l'est pas, essaie de dévoiler sans les exprimer directement l'indicible, l'invisible, l'innommable. Le premier personnage de cette fable apparaît alors : c'est le secret et tous ses mystères, que les protagonistes subissent dans une interminable attente. Qu'ils entretiennent aussi... car qui est Mélisande, d'où vient-elle, que lui est-il arrivé ? Pourquoi ne veut-elle rien dire, ne rien s'avouer ? Le héros de cette intrigue, c'est donc le secret, obscur comme la forêt dans laquelle on se perd, prisonnier de ce royaume dont on ne sort pas. C'est ce silence pesant que le secret induit et qui fait que rien n'est dit franchement, que chacun ne sait plus lui même ce qu'il pense, croit ou doit faire. Mélisande elle même essaie de l'exprimer : "Je ne comprends pas non plus tout ce que je dis, voyez-vous... Je ne sais pas ce que je dis... Je ne sais pas ce que je sais... Je ne dis plus ce que je veux." Le centre de cette histoire, c'est le secret qui voudrait se révéler, fuir cet univers sombre et voguer loin au delà des phares, sur cette mer inaccessible, symbole de liberté et d'évasion.

Pelléas est donc le récit de cette vérité de l'amour entre Pelléas et Mélisande que Golaud ne comprend pas alors qu'elle le dévore de jalousie, de cette vérité secrète qui ne peut être dévoilée mais que tous doivent percevoir, décrypter.

Je profite de ce billet pour, à nouveau, signaler les très intéressants propos lus sur les Carnets sur sol concernant l'opéra Pelléas et Mélisande de Debussy : allez voir le premier, le deuxième, le troisième, le quatrième, le cinquième et le sixième billets.
publié dans : livres
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Samedi 20 janvier 2007
J'évoquais l'autre jour le très beau poème Liberté, mis en musique par Poulenc. Je souhaite y revenir rapidement aujourd'hui. Il s'inscrit dans une cantate, FIGURE HUMAINE, composée en 1943 par Francis Poulenc sur huit poèmes de Paul Eluard. Elle est destinée à un double choeur mixte a capella. La première interprétation de cette oeuvre a été donnée à Londres le 25 mars 1945 par les chœurs de la BBC, dans une traduction anglaise. Elle a ensuite été jouée pour la première fois à Paris le 22 janvier (ou mai ?) 1947, au théâtre des Champs-Elysées.



C'est e
n 1943 que Francis Poulenc se lance dans l'écriture de ce cycle de pièces pour choeur destiné à appeler de ses voeux la Libération. Pour ce faire, il choisit huit poèmes de Paul Eluard, extraits du recueil Poséie et Vérité qui lui ne sera édité qu'en 1946 : "Bientôt" (De tous les printemps du monde), "Le rôle des femmes" (En chantant les servantes s’élancent), "Aussi bas que le silence", "Patience" (Toi ma patiente ma patience ma parente), "Première marche la voix d’un autre" (Riant du ciel et des planètes), "Un loup" (Le jour m’étonne et la nuit me fait peur), "Un feu sans tache" (La menace sous le ciel rouge) et le très célèbre "Liberté". Il écrit à ce sujet, quelques années plus tard : « Pendant l'Occupation, quelques privilégiés, dont j'étais, avions le réconfort de recevoir, au courrier du matin, de merveilleux poèmes dactylographiés, en bas desquels, sous des noms d'emprunt, nous devinions la signature de Paul Eluard. […] C'est ainsi que m'est venue l'idée d'une œuvre secrète qu'on pourrait éditer et préparer clandestinement pour la donner le jour tant attendu de la Libération. » Poulenc a trouvé dans ces poèmes tous les thèmes nécessaires pour rendre compte de l'épreuve de la guerre : la mort, la solitude, la désolation mais également l'espoir et la quête de liberté.

Le compositeur a écrit une partition difficile et exigeante qui aurait certainement été plus aisée s'il lui avait ajouté un accompagnement instrumental. Mais, il a préféré l'utilisation de la seule voix humaine, fébrile et fragile. « L’adjonction d’un orchestre aurait rendu l’œuvre beaucoup plus aisée, évidemment. Ce n’est pas par goût de la difficulté que j’ai choisi cette formule, mais parce que je voulais que cet acte de foi puisse s’exprimer sans le secours instrumental, par le seul truchement de la voix humaine. J’ai d’ailleurs confiance dans l’avenir, l’art choral se développe dans le monde entier. »
publié dans : musique
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